Ateliers crèches
et formations pour les puéricultrices.

Animés par Lucia Carbone, chorégraphe et danseuse, professeur certifiée de Technique F. M. Alexander (A.T.I.).


Ateliers de pratique corporelle auprès des 0-3 ans :

A travers diverses propositions ludiques, j’essaie d’amener les enfants dans le plaisir du mouvement tout en mettant l’accent sur une certaine conscience de leur corps en mouvement. Dans un premier temps le travail touche plutôt leur inconscient en s’inscrivant dans leur mémoire à la fois mentale et physique. Ce n’est qu’au fil des séances et de la répétition que le travail devient conscient.
Les séances sont construites de façon rituelle avec des moments repères et sont toujours empreintes d’une certaine théâtralité, qui leur permet à la fois d’être dans une écoute (vis-à-vis du jeu, des autres et d’eux-mêmes) et de rentrer dans les propositions de façon ludique. La notion de rituel et de répétition est très importante (comme dans tout apprentissage et particulièrement chez les jeunes enfants) car elle permet de respecter le rythme et le désir de chaque enfant à rentrer dans les propositions. Certains enfants restent spectateurs pendant plusieurs séances et lorsque c’est le moment pour eux ils se lancent en ayant intégré tout ce qu’ils ont vu auparavant, en toute liberté et sans la pression des adultes.
Dans les propositions de jeu, j’aborde avec eux les notions d’espace (en haut, en bas, devant, derrière, relation à l’autre, relation aux objets etc.), de vitesse et de lenteur en passant de l’une à l’autre (course, marche, ralenti), de chute et d’élévation (tomber, sauter, se poser), de don et de réception (lancer, donner, accueillir, accompagner), et enfin les notions d’écoute, d’observation et de respect de l’autre (petites présentations individuelles face aux autres qui regardent et attendent leur tour).

Initiation à la technique F. M. Alexander auprès du personnel de Halte-garderie et de crèches, en parallèle aux ateliers des enfants :

Je propose dans un premier temps des séances d’initiation auprès du personnel, de façon à sensibiliser les puéricultrices à ce type de travail et à faciliter leur implication lors de mes interventions ultérieures auprès des enfants.
Ces séances d’initiation permettent aux participantes de rentrer dans une dynamique de groupe, très importante pour l’implication relationnelle qu’engendre ce travail. Comme dans tout apprentissage ou enseignement, il faut du temps et de la répétition pour acquérir, assimiler les choses et se les approprier en fonction de notre personnalité (démarche aux antipodes des exigences de notre société contemporaine qui réclame des résultats immédiats et suscite l’impatience), et ce d’autant plus dans ce type de travail qui implique l’être dans sa globalité au niveau physique, psychique mais aussi émotionnel.
Ce que j’essaie de faire lors de ces séances, c’est de donner quelques bases et quelques outils aptes à éveiller et à renforcer l’attention des participantes vis-à-vis d’elles-mêmes, et à susciter leur désir de continuer le travail en dehors des séances. Cet enseignement, même s’il a des vertus thérapeutiques indéniables (comme tout bon enseignement), est avant tout un apprentissage dans lequel le désir et l’implication des participantes sont déterminants pour arriver à progresser sur le chemin de cette conscience élargie. Notre faculté à développer cette attention vis-à-vis de nous-mêmes, le plus souvent possible (voir au quotidien) nous permet des avancées considérables dans le champ de la conscience et ce de façon autonome, avec toujours plus de gammes et de nuances à notre disposition. Et c’est bien sûr sans fin et sans limites, si ce n’est celles que nous nous imposons… Certaines tensions ou raideurs propres à chacune peuvent être identifiées et reconnues, ainsi que leurs conséquences sur l’ensemble de leur être psycho-physique et émotionnel.
Au-delà de ce premier travail de reconnaissance, nous abordons un travail de prise de conscience et d’acceptation du fait que nous sommes acteurs et créateurs de nos propres tensions et que nous sommes donc responsables des limites qui restreignent nos espaces physiques, mentaux et émotionnels, et par voie de conséquence notre espace relationnel. Cette double prise de conscience, associée à un réel désir de changer permet de rentrer concrètement dans un processus de travail, à l’aide d’une attention toujours plus éveillée, qui se traduit par le repérage de ce que nous appelons les sonnettes d’alarme, souvent synonymes d’une surtension (qualité de trop faire) ou d’une mollesse (qualité de laisser aller) et qui permettent d’entamer un travail de défaire.
A partir du moment où ces sonnettes d’alarme commencent à fonctionner dans quelque situation que ce soit et de façon plus ou moins fréquente, c’est qu’un processus de travail et une volonté de changement sont en cours, ce que nous pouvons constater souvent au fil des séances. Petit à petit nous voyons des corps s’ouvrir et se poser de plus en plus ; ouverture favorisant une affirmation de la personnalité à la fois dans le corps mais aussi dans la parole et induisant aux dires des participantes, un changement positif de comportement relationnel entre elles et avec les enfants. C’est pourquoi je souhaite toujours poursuivre le travail engagé au-delà des premières séances d’initiation avec les participantes désireuses elles aussi de continuer, d’approfondir et d’avancer dans cette démarche.
Je propose alors d’alterner entre des séances de groupe et des séances individuelles, ce qui me semble être la formule idéale pour l’avoir éprouvée à plusieurs reprises, car elle permet de reprendre individuellement certains éléments techniques abordés lors du travail de groupe, en respectant le rythme et les demandes de chaque participante. Par ailleurs l’intérêt de poursuivre ce travail pour les participantes est de pouvoir continuer à faire le lien et à mettre en pratique leurs acquis lors de mes interventions avec les enfants, mais aussi dans leur travail au quotidien avec les enfants.